PROJET DE FILM DOCUMENTAIRE

 

 

 

L’idée : Faire le tour du monde en voilier est un rêve très communément partagé. Des centaines de personnes, chaque année, réalisent ce désir fou. Qui sont-ils ? Pourquoi partent-ils ? Où vont-ils ? Et surtout quelle distance, si distance il y a, sépare le rêve de la réalité ?

Résumé : À l’heure du tourisme de masse, la mer reste un grand défi et peu de satisfactions peuvent rivaliser avec celle d’un marin à l’arrivée d’une traversée. Environ 12000 navigateurs partent tous les ans à la recherche d’aventure, seulement 150 à 200 d’entre eux font le tour du monde (sources : Jimmy Cornell, Objectif grande croisière, 2002). Le nombre de grandes croisières augmente régulièrement grâce aux progrès technologiques, à la conception des bateaux, aux infrastructures portuaires mais aussi à cause des départs en retraite précoces, de l’accroissement de la richesse et du pouvoir d’achat. Les bateaux sont de plus en plus confortables : plus facile à manœuvrer parce que demandant moins de force physique, la navigation est simplifiée grâce à l’électronique (notamment le GPS) et le confort à l’intérieur des bateaux n’a plus rien à voir avec les voiliers des années 70. Les bouleversements sont tels que beaucoup ont maintenant la possibilité d’effectuer des croisières en haute mer.

 

 

Si le nombre de voiliers augmente, les routes océaniques changent peu et rares sont ceux qui s’en écartent. Les itinéraires sont éprouvés et influencés par les conditions climatiques et les saisons. En général, les voiliers s’en tiennent à des routes bien définies mais il existe encore des explorateurs courageux qui préfèrent la solitude des mers proches des pôles que le surpeuplement des marinas trop touristiques.

Mai 2008, Antoine Meyssonnier (skipper confirmé, photographe publicitaire, fou de cuisine) et Olivier Toussaint (apprenti marin, ancien photographe/vidéaste publicitaire, philosophe amateur) partiront de Cherbourg à bord d’ Acquadoria, un voilier de 44 pieds pour faire le tour du monde pendant une durée encore indéterminée. L’originalité de la démarche documentaire réside dans l’imbrication de l’observant et de l’observé, être à la fois le sujet et une partie de l’objet du film. Nous pourrons nous servir de notre propre histoire pour raconter la généalogie d’une telle aventure : du rêve au projet, du projet à la concrétisation, de la vie tant rêvée jusqu’à la fin de l’expérience. Nous ne nous bornerons pas à nous regarder le nombril puisque c’est dans la rencontre avec nos alter ego navigateurs, dans la mise en perspective des différentes histoires que pourra s’épanouir notre problématique. Il n’y donc pas de thèse a priori, ni de scénario pré écrit, l’aventure doit d’abord se vivre. Tout ce que nous pouvons d’ores et déjà anticiper se sont les questions : qui sont-ils ? Jeunes ? Retraités ? Hommes ou femmes (la place des femmes et la répartition des tâches sur le bateau) ? Y a t’il des enfants à bord ? Comment éduquer des enfants en voyage ? Loups de mer expérimentés ou touristes des océans en caravane? Combien de temps partent-ils ? Sont-ils déçus ? Quelles en sont les causes ? Inadéquation entre le rêve et la réalité ? Manque de confort ? Ennui ? (Que fait-on lors d’une traversée par mauvais temps ?) Tensions au sein de l’équipage (comment peut-on vivre 24h/24, 7j/7 dans un espace si réduit ?) ? Un voyage trop idéalisé (ciel bleu, mer calme, poissons à volonté, vent constant) ? Le manque d’expérience ? La famille ou les amis qui manquent ? Le manque de vie culturelle et de shopping ? Qu’est-ce qui a nourrit le rêve ? L’amour de l’aventure ? L’Ulysse qui sommeille en chacun de nous ? Le désir de se confronter à la nature ? Quitter ses problèmes ? Qu’est-on prêt à sacrifier pour réaliser son rêve ? Quitter un travail passionnant ? Ne plus voir les amis ni la famille aussi souvent qu’on le souhaiterait ? Comment se passera le retour ? Le travail ? Les enfants s’intègreront-ils facilement ? Qu’est ce qui ne leur manque pas ? Le stress de la ville ? L’enchaînement aliénant métro-boulot-dodo ? De porter de chaussures ? Les obligations familiales ? Les voisins ? Comment se déroulent les préparatifs ? Stages de voile ? Conseils ? Lectures ? Vaccins ? Papiers ? Le champ des questions est ainsi très large. De nombreuses réponses se trouvent dans l’éventail pléthorique des récits de voyage (la plupart du temps, ils évoquent une expérience singulière). Nous, nous intéresserons à répondre à ces questions grâce à l’image vidéo, en nous appuyant sur une confrontation directe et concrète avec la réalité, tant en observant les autres marins, qu’en nous observant nous-même. Sans oublier une bonne dose d’autodérision et d’humour.

Suggestion de diffusion : étant donné que le voyage se déroulera sur quelques années, nous envisageons le documentaire comme une série de films qui ponctueraient notre expérience. Les portraits ainsi réalisés seront diffusés sur ce site.